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ELF 5 1988 moteur HONDA NSR 500

 

                                 En 1986, André de Cortanze quitte Elf pour rejoindre le constructeur Peugeot. Il y développe notamment la Peugeot 205 Turbo 16. Pourtant, l’aventure des motos Elf n’est pas encore terminée puisque l’Elf 3 voit le jour. Version améliorée de l’Elf 2, cette moto munie d’un avant-train en magnésium VGC (Variable Géométrique Control) remporte enfin une victoire à Macao grâce aux talents de pilotage de Ron Haslam.
En cette même année 1986, deux Elf 3 et une Elf R, une quatre cylindres en ligne de 1000cm3, s’élancent sur l’anneau de vitesse de Nardo entre les mains de Christian Le Liard, Eric Courley et Hubert Auriol. Ces derniers battent plusieurs records en hommage à l’humoriste Coluche, récemment décédé.

En 1987, Ron Hasalm prend une fois encore le guidon de l’Elf 4 en championnat du monde et parvient à accrocher la quatrième place du classement final. A la fin de la saison, Elf cède treize de ses 18 brevets au constructeur Honda qui reprendra notamment le système de monobras arrière.
L’année qui suit, l’Elf 4 fait place à l’Elf 5 mais un certain retard mécanique conjugué aux soucis de santé de Ron Haslam ne permettent pas à l’écurie de regagner les avant-postes. Suite à cette année décevante, Elf se retire du championnat du monde et décide de cesser sa production moto.

Le chant du départ

Fin 1987, le bilan de l'expérience Elf reste mitigé et les promesses tardent à se concrétiser. Dix ans de présence ininterrompue n'ont valu au pétrolier français que des commentaires plus ou moins chaleureux de la part des médias. Les seuls véritables résultats sportifs se résument aux records de 1986 et à deux victoires à Macao, en 1986 et 1987, un palmarès bien mince par rapport aux prétentions initiales et à l'envergure de l'entreprise. 1988 sera l'ultime saison en Grands Prix et Daniel Trema et Serge Rosset préfèrent jouer la sécurité, avec une évolution mesurée de la Elf 4 de 1987.

Évolution plus que révolution
Cette Elf 4 de 1987, qui avait inauguré le V4 Honda, était née tard mais bien née puisqu'elle avait fini 9e au Portugal. Son héritière, la Elf 5, se contente de retoucher la géométrie du train avant et de modifier le cadre. Les pièces massives ne sont plus en aluminium caissonné mais en fonderie de magnésium. La saison s'annonce bien, mais Ron Haslam connaît des ennuis de santé qui vont le handicaper pendant plusieurs courses. Avec notamment trois 7e places en course, il finit quand même 11e du championnat, une place qui ne reflète ni son niveau (il était 4e en 1987) ni celui de la machine.

Un goût devenu amer
L'essentiel est pourtant accompli : Honda a racheté à Elf les droits de treize des dix-huit brevets relatifs à la moto et le pétrolier s'estime satisfait de cette issue, la seule "honorable" à défaut de véritable industrialisation en Europe. Hélas, force est de constater cinq ans après, qu'à l'exception du monobras arrière Honda a enterré ces belles idées…

4 cylindres en V, 2 t refroidis par eau - 499 cm3 (54 x 54,5) - 150 ch/12 000 tr/min - Distribution par clapets dans le bas moteur Lubrification par mélange - Allumage électronique - Boîte 6 rapports - Transmission par chaîne - Cadre mixte, fonderies magnésium et tubes boulonnés – Suspensions av. McPherson triangulée, ar. oscillante à leviers - Freins à disques - Roues de 17" - 120 kg - 300 km/h.

La Elf 5 était, sans doute, devenue la plus conventionnelle des Elf. Elle innovait, malgré tout, par son train avant très automobile, comme par sa direction à compas et son frein à double disque empruntés à l'aéronautique.

 

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